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L'Histoire de l'Université Paris-Sud

Le décret portant création de l’Université Paris XI date du 17 décembre 1970. Cependant, ce n’est qu’à l’automne 1971 que sera élu le premier Président de l’établissement par le Conseil de l’Université «de Paris-Sud». L’Université regroupait alors la Faculté des Sciences à Orsay, la  Faculté de Médecine au Kremlin-Bicêtre, la  Faculté de Pharmacie à Châtenay-Malabry, la Faculté de Droit et d’Économie à Sceaux et les IUT de Cachan, d’Orsay et de Sceaux. Par la suite, deux autres composantes s’intégreront à l’Université : l’UFR STAPS et l’école d’ingénieurs universitaire Polytech Paris-Sud.

La Faculté des Sciences d'Orsay


Frédéric et Irène Joliot-Curie

Siège actuel de l’Université Paris-Sud, le campus d’Orsay doit aux physiciens Frédéric et Irène Joliot-Curie de s’être développé au sein d’une «Silicon-Valley» à la française. Dès les années 1940, les deux chercheurs avaient déjà envisagé une décentralisation de l’Université de Paris vers la banlieue sud. En 1942, Irène Joliot-Curie avait même signalé au recteur de l’Université l’existence d’un site potentiel sur le plateau de Saclay.

L’événement décisif survint quelques années plus tard, (en 1954) quand la France décida d’assortir sa participation au CERN d’un développement de sa propre recherche en physique nucléaire. Irène Joliot-Curie proposa la création d’un Institut de Physique Nucléaire à Orsay (IPNO) et les travaux commencèrent dès 1955, suivis en 1956 de la construction du Laboratoire de l’Accélérateur Linéaire (LAL).

Créé sur proposition de Frédéric Joliot en mars 1955, comme extension de la Faculté des sciences de Paris, le centre d’Orsay bénéficie des structures de recherche qui y sont concentrées depuis la fin de la guerre. En 1958, une partie des enseignements de 1er cycle de la Faculté des Sciences de Paris est implantée sur le domaine de Launay, suivie l’année suivante de ceux de second cycle dans les disciplines scientifiques classiques : mathématiques, physique, sciences de la vie et de la Terre.

En mars 1965, l’indépendance du centre d’Orsay est reconnue et devient Faculté autonome. Le Professeur Georges Poitou prend la direction de cette Faculté des Sciences d’Orsay en 1968.

La Loi Faure de novembre 1968 crée « les établissements publics à caractère scientifique et culturel » (EPSC) dont les grands principes sont l’autonomie, la participation et la pluridisciplinarité.

La Faculté Jean Monnet à Sceaux

En décidant que la Faculté des Sciences ne peut pas devenir université parce qu’elle ne répond pas au critère de pluridisciplinarité, la loi Faure va obliger à des regroupements. Ainsi la Faculté d’Orsay, dont la taille aurait pu justifier sa transformation en université comparable à celles de nombreux autres pays, a dû se grouper avec des centres géographiquement distincts de sorte que cette université comprenait finalement toutes les disciplines sauf les lettres.

L’annexe de droit à Sceaux est le fruit des «mesures expéditives prises par le gouvernement durant l’été 1968 pour fractionner les concentrations estudiantines de Paris»*. Dans ces annexes sont créés des collèges universitaires destinés aux premiers cycles. Celui de Sceaux est construit en trois mois. La rentrée a lieu le 3 novembre 1968 «dans une ambiance de chantier qu’il fallait traverser précautionneusement sur un caillebotis reliant les différents bâtiments» selon le Professeur Claude Bontems. Transformé en unité d’enseignement et de recherche (UER), l’annexe rejoindra la toute nouvelle “Université de Paris-Sud” en 1971.

La Faculté de Médecine

Née par décret de 1968, l’annexe de la Faculté de Médecine de Paris est d’abord, au sein de l’hôpital de Bicêtre, une “faculté sur papier”, sans locaux propres. En 1970 un bâtiment préfabriqué est construit, qui prendra rapidement le nom du “mini-CHU”. Ce «mini-CHU» déménagera 10 ans plus tard dans les bâtiments actuels de la Faculté de Médecine Paris-Sud au Kremlin-Bicêtre, face à l’hôpital.

La Faculté de Pharmacie de Châtenay-Malabry

Conçue à la fin des années 1960 à Châtenay-Malabry, la Faculté de Pharmacie résulte de la partition de la Faculté de Pharmacie de Paris-Luxembourg. Grâce à la ténacité des Professeurs Yves Cohen et Jean-Louis Guignard, elle ouvre ses portes, en tant que Faculté, à la rentrée universitaire de 1972.

L’IUT de Cachan

L’Institut Universitaire de Technologie de Cachan fait partie de la première vague d’IUT car inclu parmi les quatre sites expérimentaux ouverts en octobre 1965 par transformation de classes de BTS. En 1968, l’IUT de Cachan intègre les locaux du 9, avenue de la division Leclerc.

L’IUT d’Orsay

À la rentrée 1969, l’IUT d’Orsay accueille ses premiers élèves salariés au département Chimie dirigé par le Professeur Hubert Coudanne. Fruit de la réunion des départements Chimie d’Orsay et Mesures physiques de Cachan, s’y rajoute, en 1973, le département Informatique créé d’abord à Paris, puis déplacé au CEA avant d’intégrer définitivement l’IUT d’Orsay. Les bâtiments actuels sont ouverts en 1971 sur le plateau du Moulon, à Gif-sur-Yvette mais aux portes de la ville d’Orsay dont il prend le nom.

L’IUT de Sceaux

En 1971, est construit l’IUT de Sceaux. Composé de deux départements, Administration des collectivités publiques & des entreprises et Techniques de commercialisation, un second secteur dédié aux techniques de commercialisation ouvre en 1974

Ce sont donc ces 7 premières composantes qui constituent l’ « Université Paris XI», déjà appelée « Université de Paris-Sud », de 1970. S’y ajouteront peu à peu les 3 nouvelles composantes formant alors l’Université Paris-Sud telle qu’elle existe aujourd’hui.

Première formation d’ingénieurs : la FIUPSO

En 1983 est créée, au sein de la Faculté des Sciences d’Orsay, une «Formation d’Ingénieurs de l’Université Paris-Sud Orsay» (FIUPSO) avec la spécialité Systèmes Electroniques – Informatique Industrielle qui s’enrichit l’année suivante de la spécialité Science et Génie des Matériaux. Avec l’inauguration de la Maison de l’ingénieur en 1992 et la création en 2004 de l’Institut de formation d’ingénieurs de l’Université Paris-Sud – lFIPS, l’intégralité des formations d’ingénieurs de l’Université Paris-Sud est réunie. Dernière née des composantes de l’Université, l’IFIPS adhère en mars 2009 au Réseau Polytech et prend le nom de Polytech Paris-Sud le 1er janvier 2010.

L’UFR STAPS

Dès 1978, apparaît à la Faculté des Sciences d’Orsay l’enseignement des Sciences et Techniques des Activités physiques et sportives. Mais ce n’est qu’en 1985 que ces enseignements seront regroupés en une « Division STAPS », rattachée à la Faculté. En 2003, l’Unité de Formation et de Recherche STAPS devient une composante à part entière, sous le nom d’UFR Staps.

Le saviez-vous ?

Il existe une dixième composante au sein de l'Université Paris-Sud : l'OSUPS. Créé en 2001, l'Observatoire des Sciences de l'Univers de l'Université Paris-Sud - OSUPS est composé de 2 laboratoires : l'Institut d'astrophysique spatiale - IAS (CNRS, Université Paris-Sud) et Géosciences Paris-Sud - GEOPS (Université Paris-Sud, CNRS) qui l'a rejoint en 2012. Les Observatoires des Sciences de l'Univers (OSU) sont créés par décret du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sur proposition du Conseil de l'Institut National des Sciences de l'Univers. Ils ont pour mission de contribuer aux progrès de la connaissance dans le domaine des Sciences de l'Univers. L'OSU Paris-Sud accueille une facilité nationale reconnue par le CNES et l'INSU, la station d'étalonnage. Il a également développé IDOC (centre intégré de données et d'opérations) dont les missions sont reconnues par les instances nationales (CNES, INSU) et internationales (ESA, NASA).