Cérémonie en l'honneur d'Albert Fert

Lundi 28 janvier, l'Université Paris-Sud 11 a célébré le Professeur Albert Fert, Prix Nobel de Physique 2007, au cours d'une cérémonie organisée sous le patronage et en présence du Président de la République, Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy et Albert Fert

16h devant l’amphi de maths, les invités se pressent en nombre pour assister à la cérémonie organisée en l’honneur d’Albert Fert. Afin d’accueillir le plus de personnes possible, un amphi adjacent a été équipé d’écrans de retransmission. La salle est vite comble et c’est sous une salve d’applaudissement que la cérémonie démarre à 16h30. La mise en bouche est musicale. On l’aura lu ici ou là, Albert Fert est un grand amateur de Jazz. Puisque cette manifestation lui est dédiée, c’est en compagnie d’un des plus grands pianiste de jazz actuel Eric Legnini et son trio, que la soirée se déroulera.

Trio Eric Legnini

C’est à Anita Bersellini, présidente de l’Université que revient l’honneur d’introduire la cérémonie « Mon cher Albert, le Prix Nobel de Physique 2007 qui vient de t’être décerné pour les travaux que tu as effectués au Laboratoire de Physique des Solides d’Orsay dans les années 80 te vaut aujourd’hui une reconnaissance mondiale et donc une immense célébrité. (…) Cette gloire ô combien méritée, nous la recevons aussi pour la part qui nous revient à un moment où l’Université Paris-Sud 11 jouit d‘une certaine notoriété. (..) Nous sommes réunis pour te rendre hommage, Albert, te dire toute l’admiration et l’amitié que notre communauté te porte » (…). Et c’est devant cette communauté rassemblée qu’Albert Fert prend la parole à son tour, non sans avoir apprécié l’hommage de sa fille. Ariane Fert a en effet réalisé le film « Albert hors labo » qui retrace le parcours de son père.

Emu ou amusé, Albert Fert avoue trouver « un peu bizarre » de se trouver face à cette assemblée, lui qui a « plus l’habitude d’être dans un amphi pour faire cours à des étudiants ». Quelle aventure ! Le titre de l’exposé suscite l’envie d’en savoir plus. C’est effectivement dans une formidable épopée que nous entraîne Albert Fert. Une épopée qui démarre dans les années 70 avec un point d’orgue en 1987, en faisant un crochet par l’Angleterre d’avant-guerre ! Un des enseignements que je tire de l’aventure est que les avancées technologiques ont en général des racines très anciennes en recherche fondamentale. La magnétorésistance géante et l’électronique de spin ne sont pas nées par génération spontanée en 1988 » a expliqué Albert Fert, avant d’adresser un message positif aux jeunes : « je veux m’adresser aux jeunes chercheurs. Il y a de la place encore aujourd’hui pour les grandes découvertes et c’est gratifiant de voir que vos idées trouvent leur application dans la vie courante, comme mes travaux qui servent par exemple pour lire de la musique avec un ipod ». C’est sous un tonnerre d’applaudissement qu’Albert Fert se rassoit.

Il est 17h15. C’est alors le Président de la République Nicolas Sarkozy dont l’arrivée était très attendue, qui prendra longuement la parole. « Cher Professeur Fert, l’année 2007 a été riche en événements pour la France… Il y a eu une coupe du monde de rugby, il y a un événement que l’histoire de la science et de la connaissance humaine retiendra, c’est le prix Nobel de physique qui vous a été décerné. Ce prix Nobel, il fait du bien à la France, il fait du bien à l’université Paris 11, il fait du bien au CNRS, mais ce prix Nobel, c’est avant tout le vôtre, celui de votre équipe, le vôtre parce que c’est la récompense d’un scientifique hors normes, dont le génie scientifique a révolutionné la physique et l’électronique. Je suis
venu vous dire aujourd’hui la gratitude de la République, la gratitude de tous les Français, pour le renom que vous apportez à la science française. Puisse, d’ailleurs, ce prix Nobel attirer des jeunes vers la physique, l’un des problèmes de la recherche française, d’autant plus qu’il s’agit d’un secteur où les emplois sont multiples. »*. Suivis par de nombreux journalistes, Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse qui l’accompagnait, quitteront la cérémonie vers 18 heures, non sans avoir salué les nombreuses personnalités installées dans l’amphithéâtre. Mais la cérémonie se poursuit.

Frédéric Pétroff, Directeur de recherche à l’unité mixte de Physique CNRS/Thalès/Université Paris Sud 11 se charge ensuite d’introduire l’auditoire à la spintronique par un exposé extrêmement clair et vivant. Il rappelle que « la spintronique, comme la GMR, exploite l’influence du spin des électrons sur leur mobilité. « C’est aujourd’hui un domaine de recherche en grande expansion dans des directions variées. Ainsi, dans notre équipe, nous étudions actuellement la générations
d’oscillations hyperfréquence par des phénomènes dits de « transferts de spin », un domaine de recherche qui aura probablement des applications importantes dans le domaine des communications. D’autres travaux de l’équipe concernent l’étude de phénomènes de spintronique dans des nano-structures à base d’oxydes magnétiques, de semi-conducteurs ou de molécules comme les nanotubes de carbone ». C’est bien sûr à Albert Fert que Frédéric Pétroff dédie son exposé « Merci Albert » peut on ainsi lire sur la dernière diapositive ! « Un certain 10 décembre », clin d’oeil à la date de cérémonie de remise des prix Nobel à Stockholm, est le titre de l’émouvant vidéo clip dont la diffusion clôture une bien belle cérémonie !