Albert Fert reçoit le Japan Prize 2007


Le « Japan Prize » 2007 vient d’être décerné à Albert Fert, professeur à l’Université Paris-Sud 11, directeur scientifique à l’Unité mixte de physique CNRS/Thales, associée à l’Université Paris-Sud 11, Médaille d’or 2003 du CNRS. Il récompense sa découverte de la magnétorésistance géante (Giant Magneto-Resistance, GMR) et sa contribution au développement de la spintronique. La GMR est notamment à l’origine de l’élaboration de têtes de lecture magnétique extrêmement performantes, qui sont utilisées aujourd’hui dans tous les disques durs. Cette récompense est également attribuée à Peter Grünberg, qui avec son équipe à Jülich, en Allemagne, a obtenu presque simultanément des résultats expérimentaux similaires.

Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, Dominique Vernay, directeur technique de Thales, Anita Bersellini, présidente de l’Université Paris-Sud 11, se félicitent de cette distinction qui reflète la qualité de la recherche française et sa reconnaissance par la communauté scientifique japonaise. Ce succès démontre également la fécondité de la rencontre entre recherche publique et partenaire industriel qui contribue à l’émergence d’une société de la connaissance et à son impact dans le monde économique.

Le « Japan Prize », un prix de la Fondation Japonaise des Sciences et de la Technologie

La « Science and Technology Foundation of Japan » décerne le « Japan Prize » depuis 23 ans, à des personnes ayant été à l’origine d’un avancement scientifique et technologique reconnu mondialement, contribuant ainsi à « la paix et à la prospérité de l’humanité ». les 3 français sont: Luc Montagner (88, retrovirus du SIDA), Xavier Le Pichon (90, tectonique des plaques), Jacques-Louis Lions (91, mathématiques)
Ce prix recouvre tous les domaines scientifiques et technologiques existants. Il distingue chaque année, deux thématiques spécifiques. En 2007, ce sont : « les dispositifs innovants inspirés de la recherche fondamentale » et « la co-existence harmonieuse de la science et la technologie ». Albert Fert et Peter Grünberg reçoivent le Japan Prize dans la première catégorie. Ce prix est doté d’un montant total de 50 millions de yen, soit environ 325 000 €. La cérémonie de remise du Prix se déroulera en avril à Tokyo en présence de leurs Majestés l’Empereur Akihito et l’Impératrice Michiko.

 

Le SPIN s’invite en électronique

Les recherches d’Albert Fert dans le domaine des nanosciences, en particulier sa découverte de la magnétorésistance géante, ont déjà eu un impact très important sur les technologies de l’information et de la communication. En effet, depuis 1997, toutes les têtes de lecture de disque dur utilisent la magnétorésistance géante de multicouches magnétiques pour détecter les inscriptions magnétiques sur le disque. La performance de ces têtes a permis de multiplier par cent l’information stockée sur une même surface.

La magnétorésistance géante a été découverte en 1988 dans le cadre d’une collaboration associant l’équipe d’Albert Fert (CNRS/Université Paris-Sud 11) et Thales (à l’époque Thomson-CSF). Cette découverte a fait émerger un nouveau type d’électronique, que l’on appelle spintronique, et qui, comme la GMR, exploite l’influence du spin des électrons sur la conduction électrique. Albert Fert et l’Unité mixte de physique CNRS/Thales ont contribué de façon significative au développement de la spintronique, notamment dans le domaine des phénomènes dits de transfert de spin qui auront des applications importantes comme la commutation de mémoires magnétiques et la réalisation d’oscillateurs radiofréquence/hyperfréquence pour l’électronique professionnelle. La spintronique est aujourd’hui une nanoscience en pleine expansion. Elle évolue vers des dispositifs hybrides associant des matériaux magnétiques à des semi-conducteurs ou des molécules, et promet de nombreuses applications dans le domaine de l’informatique et des télécommunications.